Droit de propriété & expulsion : Ce que les services de sécurité sont légalement autorisés à faire

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Droit
by Votre équipe de sécurité/ on 16 May 2026

Droit de propriété & expulsion : Ce que les services de sécurité sont légalement autorisés à faire

Connaître les limites légales

Le droit de propriété est l’un des instruments les plus importants dans le quotidien de la sécurité. Mais où sont les limites ? Quand un agent de sécurité peut-il expulser quelqu’un des lieux ? Et que doit être documenté ? Nous donnons un aperçu pratique.


Pourquoi le droit de propriété est si central dans le quotidien de la sécurité

Il ne se passe pratiquement pas un jour sans que les forces de sécurité doivent exercer le droit de propriété :

  • Voleur à l’étalage est retenu jusqu’à l’arrivée de la police
  • Client ivre dans un restaurant est prié de quitter les lieux
  • Visiteur non autorisé sur un terrain d’entreprise est expulsé
  • Ancien employé entre sur le terrain de l’entreprise sans autorisation

Mais qu’est-ce qui est légalement autorisé ? Le service de sécurité peut-il retenir quelqu’un ? Peut-il utiliser la force physique ? Et que se passe-t-il si la personne refuse de partir ?


La base juridique : Le droit de propriété

Qu’est-ce que le droit de propriété ?

Le droit de propriété est le droit du propriétaire ou du possesseur d’un bien (notamment d’un terrain ou d’un bâtiment) de déterminer qui peut y entrer et qui ne le peut pas.

Ancrage juridique :

Norme juridique Contenu
Art. 14 GG (Liberté de propriété) Base constitutionnelle du droit de propriété
§ 903 BGB (Pouvoirs du propriétaire) Le propriétaire peut disposer de sa propriété à volonté.
§ 858 BGB (Protection de la possession) Le possesseur peut se défendre contre l’usurpation interdite.
§ 229 BGB (Auto-assistance) Permet une arrestation provisoire en cas de flagrant délit

Qui exerce le droit de propriété ?

Rôle Compétence
Propriétaire Titulaire du droit de propriété (peut le transférer)
Possesseur (locataire, preneur à bail) Exerce le droit de propriété pendant la période de possession
Service de sécurité Peut être mandaté par le propriétaire/possesseur pour l’exercer

Conseil pratique : Le contrat de sécurité doit clairement stipuler que le service de sécurité peut exercer le droit de propriété au nom et pour le compte du client. Sinon, l’autorité fait défaut.


L’expulsion : Quand et comment ?

Quelle est la différence entre une expulsion et une interdiction de lieu ?

Terme Signification
Expulsion Demande spécifique de quitter immédiatement un terrain/bâtiment déterminé (unique, limité dans le temps)
Interdiction de lieu Interdiction générale d’entrer dans un terrain/bâtiment pour une période déterminée (ou permanente) (à l’avance pour l’avenir)

Conseil pratique : L’expulsion est la mesure immédiate. L’interdiction de lieu est prononcée ensuite (par exemple : “Vous avez l’interdiction de lieu pour 30 jours.”).

Quand une expulsion est-elle légale ?

Une expulsion est légale lorsque :

  1. La personne n’a aucun droit de séjour (pas d’invitation, pas de contrat de location, pas d’autorisation)
  2. Le titulaire du droit de propriété (ou son représentant) prononce l’expulsion
  3. La personne ne part pas volontairement

Particularité : Même les invités ou les clients peuvent être expulsés s’ils violent le règlement intérieur (par exemple, harcèlement, vol, clients agressifs).

Comment donner une expulsion juridiquement valable ?

Guide étape par étape :

Étape Action Aide à la formulation
1 Identification “Bonjour, je suis l’agent de sécurité [Nom] mandaté par le titulaire du droit de propriété.”
2 Motif “Vous séjournez ici sans autorisation parce que …” (ou “Vous avez violé le règlement intérieur parce que …”)
3 Demande “Je vous demande de quitter immédiatement ces lieux.”
4 Information sur les conséquences “Si vous ne partez pas, j’appellerai la police.”
5 Attendre la réaction La personne part-elle ? → Expulsion réussie. Ne part-elle pas ? → Appeler la police.

Important : L’expulsion doit être claire, compréhensible et pouvant être documentée. De préférence avec des témoins (collègue, caméra) et une note écrite.


Le service de sécurité peut-il retenir quelqu’un ?

L’arrestation provisoire (§ 127 al. 1 StPO)

Le service de sécurité peut arrêter provisoirement une personne si :

  1. La personne est prise en flagrant délit (vol, violence, dégradation de biens)
  2. Il existe un risque de fuite (la personne veut s’enfuir)
  3. L’identité ne peut pas être établie immédiatement

Que signifie “en flagrant délit” ?

  • La personne est observée pendant l’acte
  • La personne est poursuivie immédiatement après l’acte (par exemple, le voleur à l’étalage s’enfuit)
  • La personne est trouvée avec des outils ou du butin

Combien de temps peut-on retenir ?

  • Uniquement jusqu’à l’arrivée de la police (généralement 10 à 30 minutes)
  • Pas d’auto-assistance pendant des heures !

Qu’est-ce qui n’est pas autorisé ?

  • Arrestation sans soupçon d’infraction (par exemple, “Il a l’air suspect”)
  • Arrestation pour des broutilles (par exemple, “Il a fait tomber un chewing-gum”)
  • Fouilles non autorisées (seule la police peut fouiller sans mandat judiciaire)
  • Usage de la force au-delà de ce qui est nécessaire (principe de légitime défense)

Conseil pratique : Appelez la police dès que possible en cas de doute. L’arrestation provisoire est une arme à double tranchant – utilisez-la uniquement lorsque la situation juridique est claire.


Usage de la force : Qu’est-ce qui est autorisé ?

L’auto-assistance (§§ 229, 859 BGB)

La loi autorise le possesseur à se défendre contre une usurpation interdite.

Mesures autorisées :

Mesure Autorisée ? Limite
Interpellation & demande Oui Pas d’insultes, pas de menaces
Référence verbale à la police Oui Pas de fausse déclaration (“La police est déjà en route”)
Contact physique léger (prendre le bras, bloquer la porte) Oui Pas d’intention de blesser
Retenir (jusqu’à l’arrivée de la police) Oui (selon §127 StPO) Uniquement en flagrant délit, uniquement pour une courte durée
Coups, pieds, immobilisations au sol Non (sauf en légitime défense) La légitime défense est autorisée, pas la vengeance
Entraves (colliers de serrage, menottes) Uniquement dans des cas exceptionnels Uniquement en cas de danger aigu pour la vie et l’intégrité corporelle, uniquement jusqu’à l’arrivée de la police

Important : Tout usage de la force doit être proportionné. Une prise ferme sur un voleur à l’étalage de 80 ans avec un paquet de saucisses serait disproportionnée. Pour un émeutier violent qui attaque d’autres personnes, une force plus importante peut être utilisée.


L’interdiction de lieu : Prononcer, documenter, appliquer

Quand une interdiction de lieu est-elle légale ?

Une interdiction de lieu est une mesure préventive. Elle exige :

  1. Le titulaire du droit de propriété (ou son représentant) la prononce
  2. Un motif existe (violation répétée du règlement intérieur, vol, harcèlement, violation de domicile)
  3. La personne est informée (par écrit ou verbalement, avec motif)
  4. La personne reçoit une information sur les voies de recours (comment peut-elle former opposition ?)

Particularité : Pour les clients qui n’ont pas commis d’infraction, une interdiction de lieu n’est pas automatiquement possible. Un motif substantiel doit exister (par exemple, clients agressifs à répétition).

Quelle forme est requise ?

Forme Adapté à Avantages / Inconvénients
Verbal Cas individuel, situation spontanée Simple, mais difficile à prouver
Écrit (lettre, affichage) Interdiction de lieu générale pour une ou plusieurs personnes Prouvable, mais chronophage
Avec témoins Recommandé pour chaque cas Prouvable (collègue, caméra)

Conseil pratique : Documentez chaque interdiction de lieu par écrit : Nom de la personne, date, motif, durée de l’interdiction, nom de l’émetteur, témoins.

Quelles sont les règles à respecter concernant les interdictions de lieu ?

  • Pas de discrimination : Une interdiction de lieu ne doit pas être prononcée pour des raisons racistes, religieuses ou autres raisons discriminatoires.
  • Pas de durée disproportionnée : Pour un voleur à l’étalage, une interdiction de lieu de 5 ans serait peut-être disproportionnée ; 1 an est plus approprié.
  • Droit d’opposition : La personne concernée doit avoir la possibilité de contester l’interdiction de lieu (par exemple, par l’intermédiaire d’un avocat).
  • Pas de justice personnelle : En cas de violation d’une interdiction de lieu, appelez la police, n’utilisez pas la force vous-même (sauf en cas de danger aigu).

La documentation nécessaire

Une documentation exhaustive est cruciale – en cas de contrôle juridique ultérieur ou de poursuites.

Que doit être documenté ?

Point de documentation Contenu
Date & Heure Quand l’incident s’est-il produit ?
Lieu Lieu précis (par exemple, “Entrée principale, Caméra 3”)
Personnes impliquées Nom (si connu), description physique, éventuellement photo (uniquement avec base juridique)
Faits Que s’est-il exactement passé ? (neutre, factuel, sans évaluations)
Mesure prise Expulsion ? Interdiction de lieu ? Arrestation ?
Motif Pourquoi la mesure était-elle légale ? (par exemple, “La personne se trouvait sans autorisation dans la zone de stockage”)
Réaction de la personne Est-elle partie ? A-t-elle résisté ?
Police appelée ? Si oui : quel commissariat, heure, nom de l’agent, numéro de dossier
Témoins Collègues, passants, enregistrements vidéo
Mesures propres Qu’a fait exactement l’agent de sécurité ? (par exemple, “A pris le bras, conduit à la porte”)

Modèle de protocole de documentation

INCIDENT DE SÉCURITÉ - PROTOCOLE

Champ Contenu
Date 16.06.2025
Heure 14h35
Lieu Entrée du bâtiment principal, Caméra 4

Personne impliquée

Champ Contenu
Nom inconnu
Sexe masculin
Âge environ 30-35 ans
Vêtements veste noire, jean bleu
Particularités Tatouage sur l’avant-bras droit

Faits

La personne est entrée dans le bâtiment par l’entrée principale à 14h30. Interrogée, elle n’a indiqué aucun motif de visite et n’a pu présenter de badge de visiteur. Elle n’a pas répondu à la demande de se signaler à l’accueil.

Mesure

Moi, [Nom de l’agent de sécurité], ai prononcé une expulsion à 14h32 avec le motif suivant :

“Vous séjournez ici sans autorisation. Je vous demande de quitter immédiatement le bâtiment.”

Réaction

La personne n’a pas réagi et s’est assise sur un banc dans l’entrée.

Suite des opérations

À 14h35, la police (numéro d’urgence 110) a été alertée. Numéro de dossier : [Numéro]. La police est arrivée à 14h50.

Témoins

  • Collègue [Nom], également dans l’entrée
  • Caméra 4 (enregistrement sécurisé)

Rapport d’intervention établi par

Champ Contenu
Nom [Nom, Signature]
Date 16.06.2025

Pièges typiques & idées reçues juridiques

Idée reçue 1 : “Le service de sécurité peut retenir toute personne qui vole.”

Correct : Uniquement en flagrant délit et en cas de risque de fuite. Pour un vol mineur (par exemple, un chewing-gum à 1 €), une arrestation serait disproportionnée.

Idée reçue 2 : “Si j’ai prononcé une interdiction de lieu, je peux le traîner dehors immédiatement.”

Correct : Une interdiction de lieu est une mesure préventive. Si la personne n’est pas actuellement sur les lieux, elle ne peut être expulsée que lors de sa prochaine entrée. Présence actuelle → expulsion, pas de traînée dehors du passé.

Idée reçue 3 : “Je peux interdire l’entrée à toute personne que je n’aime pas.”

Correct : Une interdiction de lieu doit avoir un motif substantiel (vol, harcèlement, violation de domicile). Une simple aversion subjective ne suffit pas, même pour une propriété privée (en raison de l’interdiction de discrimination).

Idée reçue 4 : “Je n’ai pas besoin d’appeler la police, je gère ça moi-même.”

Correct : En cas de résistance, de violence ou de situation juridique floue, la police est l’interlocuteur approprié. Des actions non autorisées peuvent entraîner des demandes de dommages-intérêts civils ou même des conséquences pénales (violences, séquestration).


Liste de contrôle pour les agents de sécurité sur place

  • Titulaire du droit de propriété connu ? (Mandaté par le propriétaire/possesseur ?)
  • Base juridique claire ? (Pas de droit d’accès ? Violation du règlement intérieur ? Infraction ?)
  • Expulsion clairement prononcée ? (Avec motif et demande)
  • Réaction attendue ? (La personne part-elle volontairement ?)
  • En cas de non-départ : police appelée ? (Ne pas laisser escalader !)
  • Documentation établie ? (Heure, lieu, personnes, mesures, témoins)
  • Enregistrements vidéo sécurisés ? (Ne pas supprimer, ne pas écraser)
  • Supérieur informé ? (Pour les incidents majeurs)

Conclusion : Connaître ses droits, respecter les limites

Le droit de propriété est un instrument puissant – mais pas un chèque en blanc pour l’arbitraire. Les agents de sécurité devraient :

  • Connaître les bases juridiques (droit de propriété, expulsion, arrestation provisoire)
  • Agir avec proportionnalité (moyens doux avant les durs, police en cas d’escalade)
  • Documenter minutieusement (pour les contentieux juridiques)
  • Appeler la police en cas de doute (meilleurs moyens de preuve, plus de pouvoirs)

Ceux qui respectent ces règles peuvent exercer efficacement le droit de propriété – tout en évitant les pièges juridiques et la responsabilité personnelle.

Vous avez des questions sur le droit de propriété ou avez besoin d’une formation pour votre personnel de sécurité ? Nous proposons des ateliers pratiques sur les pouvoirs juridiques, la désescalade et la documentation – spécifiquement pour les prestataires de services de sécurité et les forces de sécurité internes.


Remarque : Cet article ne remplace pas un avis juridique. La situation juridique peut évoluer, et les cas individuels doivent être examinés par un avocat spécialisé en droit pénal ou civil en cas de doute.